Qu’est-ce qu’une Ombre ? Ou l’intérêt du Shadow Work

L’ombre personnifie tout ce que l’on refuse de reconnaître et d’admettre de soi.

La reconnaître et la réintégrer est une étape importante et difficile du processus d’individuation. L’ombre est le côté inconfortable de la personnalité, la somme de toutes ces qualités désagréables que nous n’assumons pas. Elle est composée de toutes les parties de nous-mêmes que nous cachons, nions, supprimons, évitons, projetons et ne voyons pas en nous-mêmes, tant le positif que le négatif. Notre ombre, représente tous les aspects que nous rejetons (par ex : honte, peur, colère, irritabilité, la partie qui sature, la partie en boulimie, la partie frustrée, la partie qui a peur de manquer, celle qui ressent la culpabilité, la partie ignorante, la partie de soi qui se trompe, la partie qui échoue, la partie qui se remplit de peur de, la partie qui se prostitue, la partie qui ment, la partie imposteur, la partie perfectionniste …) souvent par peur de ne pas être aimé, pour adhérer aux croyances qui nous ont bercées. Elle est constituée de n’importe quelle partie de nous-mêmes que nous croyons inacceptable, elle se rencontre au contact des autres, où cela nous dérange, nous horrifie ou nous dégoûte des personnes, donc de nous-mêmes. Comme l’a dit CG Jung: « Notre ombre est la personne que nous préférerions ne pas être. » La nécessité de bâtir un Moi social entraîne la formation de l’ombre. L’ombre est ce qui n’est pas beau en nous, ce qui nous fait peur ou fait fuir. Néanmoins, l’apprivoiser est source d’un développement personnel extrêmement puissant. L’ombre est également un archétype (symbole primitif, représentation universelle, appartenant à l’inconscient collectif). Par exemple, dans le très beau et pertinent jeu de cartes Lumières de Lise BARTOLI, nous retrouvons en ombre : la servante, le roi, la sentinelle, l’infirmière etc

L’ombre peut aussi être positive. Il s’agit des qualités que l’on admire chez les autres car on ne les reconnaît pas chez soi, on refuse de les manifester, alors on va la reconnaître chez d’autres personnes et les admirer pour cela alors que les mêmes qualités sont enfouies en nous, bien cachées, non reconnues et qui ne demandent qu’à s’exprimer ouvertement. J’ai toutes les caractéristiques de celui ou celle que j’admire et ou que j’aimerais être. C’est pourquoi, nous avons du mal parfois à manifester notre puissance. Quel gâchis de projeter autant de qualités de nous à l’extérieur et de nous couper de vivre tout ce que l’on pourrait vivre si on acceptait d’être la grandeur que l’on est en vérité. C’est comme si accueillir cet éclat, cette luminosité était trop à recevoir. On peut y voir l’influence du religieux dans son terme générique avec toutes ses rigidités, qui nous rendent indignes à recevoir tout le lumineux.

Il y aurait donc deux types d’ombre, une négative, le côté sombre de l’ego, et une partie lumineuse, pleine de qualités qui font peur et cette partie totalement connectée au Soi c’est-à-dire au moi supérieur.

Jung différencie deux typologies dans son archétype de l’ombre. La première est l’ombre personnelle, que nous portons tous avec nos petites frustrations, nos peurs, notre égoïsme et nos dynamiques négatives les plus communes. Cependant, il existerait également l’ombre impersonnelle, celle qui contiendrait l’essence du mal le plus archétypal, celle qui accompagne les génocidaires, les assassins impitoyables, les pervers, les manipulateurs etc.

L’ombre, c’est autant ce qu’il y a de laid, honteux que ce qu’il y a de merveilleux de tellement beau en soi qu’on ne peut le reconnaître. Je cite Robert A. Johnson : “Il est également étonnant de constater que de très bonnes caractéristiques apparaissent dans l’ombre. En général, les caractéristiques ordinaires et banales sont la norme. Tout ce qui est moins que la norme va dans l’ombre. Néanmoins, tout ce qui est mieux va dans l’ombre également ! ». Une partie du lumineux de notre personnalité est reléguée à l’ombre parce qu’elle ne peut trouver sa place dans ce grand processus de nivellement qu’est le bain socio-culturel. Curieusement, les gens résistent plus vigoureusement aux aspects nobles de leur ombre qu’ils n’en cachent les côtés sombres. Sortir les squelettes du placard est relativement facile, mais posséder l’or dans l’ombre est terrifiant. C’est plus perturbant de constater que vous avez une profonde noblesse de caractère que de découvrir que vous êtes un clochard. Jung a prévenu qu’il est beaucoup plus difficile d’aller trouver de l’or dans l’ombre, c’est une tâche ardue des plus faciles d’admirer les qualités de quelqu’un que de le reconnaître en soi. Il s’agit d’une épopée, d’une Odyssée. Bien sûr, vous êtes les deux, mais on ne découvre pas ces deux éléments en même temps”. Il s’agit alors de reconnaître notre partie imposteur mais qui est donc l’imposteur ? Est-ce la partie qui pense être non méritante alors qu’elle mérite ? ou la partie qui dévalorise la partie qui aimerait se sentir capable ?

Ce côté obscur inclut des qualités que nous n’osons pas révéler aux autres. Ce sont les traits de caractère dont nous avons honte et dont nous nous sentons coupables. Ce sont les traits que d’autres ont rejetés de nous ou que l’on a observé être rejetés chez d’autres. Ce sont les traits que nous croyons indignes, indignes de quoi ? : indignes de l’amour.

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